( 26 octobre, 2014 )

les fransciscains à Charrière

fichier pdf les franciscains à Charrièrecouvent de Charrière                     Deux documents relatent précisément l’arrivée des franciscains à Charrière, un extrait d’un livre de 1619 rédigé par un moine franciscain conservé aux Archives Départementales de la Drôme (ADD 2 O 220), et une bulle papale de 1459 validant le transfert du couvent  aux petits frères des pauvres, la bullarium franciscanum.

voir l’extrait ci dessus à télécharger (doc sous pdf)

( 26 octobre, 2014 )

le général de Miribel et l’alliance franco-russe

Miribelalliance franco russe (Extrait du livre « le général de Miribel »

en cliquant sur le lien vous téléchargerez sous format docx le chapitre sur l’alliance franco-russe

( 7 janvier, 2011 )

quelques extraits

( 11 juin, 2010 )

extraits du livre 1 : les délibérations des habitants

élection du consul

III – Les délibérations des habitants   

                     Tous les actes importants qui engagent la communauté sont pris par l’ensemble des habitants des quatre paroisses qui sont convoqués par les consuls pour en délibérer

                     Cela concerne la nomination des consuls qui sont chargés chaque année de lever l’impôt royal, les décisions à prendre pour solliciter des dégrèvements en raison des frais engagés pour l’entretien des troupes ou pour réparer les destructions de récoltes dues à la gr êle, les désignation de ceux qui devront partir servir le Roy, ou encore les procès à faire pour obtenir des indemnités ou se défendre de demandes diverses ….

                      Toutes ces délibérations ont lieu en général à l’issue de la messe dominicale, par devant le chatelain et le greffier, à la requête  des consuls sur assignations délivrées à tous les habitants par le sergent royal du lieu :

               « du dix sept novembre année mil sept cents quarante huit au lieu de Tersanne à l’issue de la messe de la paroisse dudit lieu par devant nous pierre Borel de Goiffieu chatelain, écrivant le greffier soussigné, 
sont comparus andré milloud et antoine crozat consuls des paroisses de tersanne et trignieu  disans qu’ils ont fait assigné tous les habittans desdittes paroisses pour se trouver à ce présent jour lieu et heure pour lelection de nouveaux consuls aux fins d’être deschargés … » 
     

               1 -     En premier lieu, chaque année les consuls en exercice (un pour chaque paroisse) demandent à être déchargés de leur fonction après avoir gérer les affaires du mandement au cours de l’année écoulée, et ils proposent deux noms, ceux qu’ils estiment les plus capables de leur succéder. (3-1 à 3- 3)  

                    Le consul a sans doute des avantages :

   «  …. a dit qu’il est de coustume ancienne au mandement d’auterive de nommer et créer deux consuls les festes de pentecôte  par chacune année pour exercer pendant le cour d’icelle toutes et chacunes les charges qui concernent les intérets dudit mandement et jouir des droits, privilèges, honneurs, proffits et prerogatives appartenant et deppendant du consulat ainsi et comme les précédents consuls dudit mandement ont de coutume d’en jouir, et comme l’année consulaire dudit ferlay se trouve expirée depuis les fêtes de pentecote dernières, voulant observer et entretenir les anciennes coustumes et  se décharger du consulat, il auroit fait assigner tous et un chacun les habitants et chefs de famille des paroisses de Tarsanne et tregneux séparés de talhabilité depuis quelques années d’avec celles de auterives et saint germain, par benoit galhiard sergent ordinaire dudit mandement …. offrant de leur indiquer et nommer tout présentement les deux personnes plus capables et intelligentes … »   

 ….mais il en a aussi les risques, sur ses biens et sa personne si les impôts rentrent mal :

   «   ….Parce que la négligence desdits consuls et officiers a esté telle dans lesdites communautés qu’ils n’ont pas seullement procédé à la perecation de ladite Taille. Et d’autant que ce retardement revient au grand préjudice des affaires de sa Majesté, et que le suppliant est obligé de procurer par ses diligences, le prompt recouvrement desdits deniers. Requeroit à ce qu’il pleust au Bureau, enjoindre iterativement auxdits Consuls, Chatelains, Greffiers, Scindics des Forains, Assesseurs er Perecateurs des Tailles desdites Communautés de satisfaire promptement au contenu desdits Lançons et Ordonnances dans un bref deslay, auterment et à faute de ce qu’il luy fust permis de les contraindre en leurs propres, pour les sommes entières que les Communautés dont ils sont Consuls et Officiers doivent porter de ladite Taille, despens, dommages et interests faicts et à faire pour ce regard, et ce par toutes voyes deües et raisonnables mesmes par emprisonnement de leurs personnes. » 

                      L’élection se fait à main levée, et celui qui a recueilli  « à la pluralité des voix » le plus de suffrage se doit d’accepter la charge :

« les voyx dudit André Reynaud portier, les voyx dudit jean Sibert »  

BB 1   32   16 juin 1658  élection jean sibert

BB 3   33   17 novembre 1748   élection de trois consuls

           2 -  Les assemblées des habitants sont réunies ensuite dans le courant de l’année par le ou les consuls en exercice pour prendre des décisions sur toutes les questions intéressants la vie de la communauté. Quelques exemples : 

        En 1654, sans doute en raison de difficultés ou de partage des frais, les habitants de Treigneux et Tersanne ont décidé de se séparer de Saint Martin (Hauterives village) et Saint Germain pour le paiement de la taille et des autres charges.

       A compter de cette date, il y aura un consul élu chaque année dans chacune des quatre paroisses composant le mandement de Hauterives, et non plus un seul pour tout le mandement. (le mandement est la circonscription territoriale dépendant d’un château, au moyen age celui du seigneur, plus tard celui tenu par un chatelain  qui gère les biens du seigneur qui possède un territoire beaucoup plus vaste.) CC 77  17 et 18 (3 – 3)

        Le 29 septembre 1686, les habitants se plaignent des charges qui pèsent sur leur communauté, et rappellent à l’Intendant du Dauphiné qu’ils doivent déjà fournir des guides aux troupes, entretenir les ponts sur la Galaure, payer un maître d’école pour l’enseignement de la jeunesse …(3 – 4)    BB 2  40   29 septembre 1686

        Pour la grêle dévastatrice de juillet 1688 qui a détruit leurs récoltes ils sollicitent des dégrèvements sut le montant de la taille mise à leur charge.  (3 – 5)

BB 2  44    16 juillet 1688  

      Les habitants ont aussi été amenés à choisir des députés pour faire la visite des bois et  vérifier les défrichements et la destruction des forêts dont les chèvres sont rendues les principales responsables. (3- 6)

BB 3   26 aout 1759 et DD 1  pièce 9

       Concernant les animaux, entre autres, les consuls ont été amenés à dresser un état des moutons détenus par les habitants afin qu’il puisse être vérifié si ces derniers avaient suffisamment de prés pour les entretenir.

Inv. Supplémentaire du 10 mai 1882 (3-        Délibération du 8 octobre 1769 pour acquérir des poids et mesures justes, et demande d’autorisation de lever la somme nécessaire avec la taille annuelle pour éviter des frais d’imposition supplémentaires.

BB 4  4ème cahier   8 oct 1769 

        Dans cette délibération il est fait état d’une question relative à la communication des archives à laquelle se refusaient semble t il les anciens consuls et officiers de la communauté, sans doute pour masquer des erreurs dans les comptes antérieurs, ce qui a conduit les consuls en exercice à saisir les magistrats de l’élection de Romans pour obtenir une décision exécutoire.

FF 2 37  décembre 1769

       En 1788, la réunion des Etats Généraux du Royaume nécessite la désignation de députés, aussi les habitants de Hauterives sont appelés à choisir ceux d’entre eux qui participeront à l’élection des députés de la Province, scrutin censitaire (ne sont électeurs que les assujettis à six livres au moins d’impôt) à deux degrés ( un grand électeur par communauté ).

BB 4   11ème cahier  21 décembre 1788 

     

( 10 avril, 2010 )

les corvées

les Corvées                     

  

              Après la taille royale, les tailles d’étape, la dîme, le logement des gens de guerre, le vingtain, les jeunes gens pour la milice du Dauphiné, les fournitures de fourrage et de grains pour les armées, …sans oublier la grêle, les inondations, …. il y avait aussi les corvées pour l’entretien ou la construction des routes et chemins, des ponts sur la galaure, les battues aux loups …

  

1 -  les battues pour la destruction des loups, 

  

                Les loups sont bien présents et n’hésitent pas à s’en prendre aux humains, le registre du curé de Saint Germain en témoigne : (14 juillet 1691 et 2 juin 1734)

  

«  ce deuxième jour de juin année mille sept cent trente quatre nous avons inhumé la principale partie du corps de pierre Gontaron agé de cinq ans et six mois, tué par un loup carnassier qui luy a mangé un bras, une jambe, et une partie du ventre. Présens pierre Gabet laboureur de Bonnecombe et barthélémy … qui n’ont signé pour ne scavoir … » 

  

             Un témoignage tiré des pièces d’un procès atteste également de leur proximité des habitations  (9 novembre 1717) :

« Joseph Mottinot , laboureur de la paroisse de Treigneux ,agé d’environ 25 ans , « dépose moyennant son serment ne savoir autre chose si ce n’est qu’au temps où il préparait sa cuve pour les vendanges , il ouï  certain bruit qui lui fit croire que des loups passaient par là et l’obligeat à prendre son fusil ; mais ayant ensuite reconnu que ce n’était qu’une querelle ,il ne daigna pas sortir de sa basse cour… »

  

             Le 10 janvier 1732, les habitants sont requis pour une battue aux loups dans les bois de Chambaran, et quant à ceux qui feraient preuve de mauvaise volonté ….. 

  

…..  « vous les ferés arreter et m’en donnerés avis pour que sur celuy que j’auray l’honneur d’en donner à monseigneur l’intendant il puisse etre puny de sa désobéissance. » 

  

HH 1 battue aux loups.doc 

 

  

 2 -  la construction et l’entretien des passages sur la Galaure 

  

BB 2  40  29 septembre 1686  Délibération du 29 septembre 1686 concernant les charges dont sont accablés les habitants, et notamment l’entretien des ponts pour le passage des troupes : 

« Déclarant laditte assemblée que la communauté outre les talhes qu’elle paye au roy annuellement est obligée d’entretenir sur la rivière de galaure qui passe audit lieu des planches en divers endroits tant pour la passage des troupes que pour le publiq, et mesme d’en construyre à nouveau tres souvent à cause des débordements quy y arrivent fréquemment .. » 

  

             Le 5 mai   1710, sur ordres de l’Intendant de novembre et décembre 1709, les communautés qui avaient été requises de participer à la construction de ponts sur la Galaure et l’Herbasse  (l’hiver 1709 avait été particulièrement rude), obtiennent l’aide des autres communautés voisines pour fournir les planches et la main d’œuvre nécessaires.

Inventaire suppl    1710   Construction d’un pont de bois.doc 

       

« bail à prix » 

    Le 12 avril 1717, il est fait un appel d’offre pour choisir le mieux disant des charpentiers pour réparer un pont sur la Galaure :

  

BB 3  19  Avril 1717 bail pour réparations  du pont de galaure.doc 

        

    « ….. lesquelles réparations se doibvent faire le long de ladite rivière du costé du midy , suivant le devis quy en sera fait de nostre autorité et par l’ordre quy nous a esté donné par monsieur le président albanel, subdélégué de mondit seigneur l’Intendant  en exécution de ladite ordonnance, lequel devis a esté fait le jour d’hier par jean brenier et joseph (berut) maitres charpentiers  par nous commis, 

ensuite de quoy nous avons fait faire lecture  d’icelluy …..  et avons en conséquence mises lesdites réparations aux enchères avec déclaration que le bail en sera deslivré à celluy quy en ferait la condition la meilleure….. » 

  

       

  

3 – les corvées pour la construction des routes 

  

    Les corvées pour la construction et l’entretien des routes, particulièrement lourdes pour les habitants qui doivent laisser leurs cultures, épuiser les bêtes pour le transport, donnent lieu à des réclamations, …. sans beaucoup de résultat :

  

DD 1 19 et  inv suppl    1739 Corvées pour la route de Saint Vallier à Tain.doc 

    «  La communauté n’est composée que de deux cent quatre-vingt quatre habitants y compris les veuves qui sont en grand nombre de sorte que chaque particulier a été obligé de recommencer la corvée de quinze en quinze jours. 

Il leur seroit impossible de pouvoir le faire à l’avenir, la dernière récolte fut presque totalement enlevée dans la communauté d’auterives par l’inondation du mois de juin dernier, les pauvres habitants manquent aujourd’hui de tout, ils ont consumé dans les corvées dont il s’agit le peu de fourrage qui leur restoit, et n’ont pas seulement de pain pour eux. » (6-3)

               A défaut d’obéir, les habitants sont menacés de l’envoi des soldats qu’il faudra entretenir, et si ça ne suffit pas les récalcitrants seront même jetés en prison ; quant aux conditions de travail, celles-ci sont fixées de l’aube à la fin du jour :

  

« Par raison de quoi il établira des garnisons chez ceux qui refuseront d’obeïr, à raison de quatre livres à chaque cavalier à cheval et trente sols à chaque fusilier par jour jusqu’à leur délogement ; et fera traduire dans les prisons les plus prochaines ceux qui par mauvaise conduite exciteront des troubles sur les travaux ; et pour ceux qui ne rempliront pas le tems de travail , fixé de l’aube jusqu’à la fin du jour,il les fera commander par la suite pour remplacer le tems qu’ils auront manqué, et si c’est par désobéissance, les défaillants seront condamnés à une amende ou emprisonnés selon l’exigence du cas .. » 

                 Pour s’assurer de la bonne foi des habitants, il est demandé aux consuls de dresser  un état des hommes et des bestiaux susceptibles de participer aux corvées.

 DD 1 – 26  Dénombrement des hommes et des bestiaux.doc 

Etat des bestiaux.doc      (mai 1786) 

  

                   Ces corvées pour la construction des routes sont fixées par ordonnance de l’Intendant du Dauphiné qui fixe le nombre de voitures et d’hommes à fournir par chaque paroisse (en décembre 1739, cinquante hommes avec pelles et pioches et le nombre de vingt deux couples de bœufs, vaches, chevaux, mules ou mulets, avec leurs bouviers ou charretiers, attelés chacune à un tombereau), la durée de la corvée (trois jours consécutifs par roulement jusqu’à la fin des travaux sur la grande route de Lyon à Tain)), ainsi que la portion de route à faire (« mille vingt et une toises courantes de chaussées de cailloutis et gravalement pour votre communauté ».

  

       Les habitants se plaignent le 22 janvier 1740 qu’il faut deux jours pour rejoindre Saint Vallier distant de quatre lieues par un mauvais chemin, de sorte que la corvée nécessite la semaine entière, qu’il n’est pas possible d’emporter tout le fourrage nécessaire, et ils demandent en conséquence de pouvoir travailler plus près, au grand chemin de Beaurepaire à Romans où passent les troupes.

  

  

     En 1760 et 1762, il est nécessaire de procéder à des réparations pour combler les ornières et refaire les  remblais de cette grande route de Lyon en Provence « qui a tant couté aux communautés »  Les ordres sont comminatoires, sous peine d’envoi de garnisons militaires

Inventaire supplémentaire  mars 1760  grande route.doc 

Inv suppl    12 mars 1762   ordre des divisions.doc 

  

     En 1784 et 1786, les habitants protestent contre ces charges, souvent ordonnées en pleine période de travaux des champs, et sollicitent, avec un succès divers, d’être déchargés de ces corvées, soit en justifiant la grande misère dans la quelle ils se trouvent, soit en offrant de faire faire les travaux contre paiement.

  

      Pour la route de la Côte Saint André à Romans ils font établir un devis le 15 mars 1784 pour des travaux qui doivent durer trois ans au prix de 4454 livres ; l’intendant les autorise en août 1786 à passer « un bail au rabais » c’est-à-dire un appel d’offre au mieux disant.

      Quelques mois plutôt, ils avaient tenté de se faire décharger, en raison de la grande misère  de leur communauté :

                       « Acablés de malheur et de misère, les supliants viennent implorer la justice et équité de votre grandeur pour etre déchargés de la corvée à laquelle on les a compris sur la route de Romans à Roybon, gémissant en secret sous le poid des maux dont ils estoient écrasés, ils croyoient qu’il étoit impossible qu’ils fussent augmentés, mais ils ont été cruellement détrompés par l’ordre qu’ils ont reçus de travailler à la corvée pour le chemin de Romans à Roybon » 

  

Inv suppl   corvée route de romans à roybon 1786.doc 

Inventaire supplémentaire  1784  supplique pour être déchargé de la corvée.doc 

Inventaire supplémentaire juin 1786 route de romans à la coste st andré.doc 

  

  

              « Ils se sont déjà épuisés par les travaux et la contribution qu’ils ont faittes pour l’ouverture de la gorge taillée de vals, et la grande route tracée dans la vallée de Galaure pour laquelle ils ont contribué plus que St Vallier même, c’est-à-dire qu’ils ont payé une somme de plus de deux mille livres » 

  

               La construction de la route de la vallée de la Galaure a sans doute demandé beaucoup de temps et d’efforts, quelques décennies plus tôt (1739) il était en effet question d’un mauvais chemin, St Vallier étant distant de quatre lieues nécessitant deux jours de trajet avec bêtes et chariot.

  

               Ci-dessous délibération du 11 juin 1786 concernant le paiement par imposition des travaux définis au devis du 15 mars 1784.

            

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